L’histoire de la maison abandonnée !

"Mais il n’est point de hasard. Lorsque un homme trouve une chose qui lui est nécessaire, ce n’est pas au hasard qu’il le doit, mais à lui-même. C’est son propre désir qui la lui procure".

Herman Hesse, romancier et poète allemand ( 1877-1962 )

La maison abandonnée

L’entrée de la maison abandonnée

Cela fait un moment que j’avais envie de raconter cette histoire. Une drôle d’histoire qui m’a profondément marquée. Une histoire absolument authentique. Elle remonte à quelques mois déjà. C’était la fin de l’été. Une période creuse du point de vue de l’actualité. Je suis au bureau, il fait chaud. La température avoisine les 30 degrés. Rien de bien passionnant à se mettre sous la plume. Un mail atterrit dans ma boîte professionnelle et vient me sortir de ma torpeur. Il vient de mon rédacteur-en-chef. Ce dernier me demande d’aller faire un tour dans un "squatt". Il vient de recevoir un message outré d’un habitant d’un quartier bourgeois. L’homme dénonce avec une grande vivacité la présence " d’intrus " dans une belle maison de maître qui se situe à proximité de sa demeure. Il est en colère contre les forces de police " qui laissent faire". Le message n’est pas signé, ce qui arrive rarement, mais il semble cohérent, bien écrit. Ce n’est visiblement pas l’oeuvre d’un fou. Il n’y a rien de bien urgent à couvrir ce jour -là, nous voilà donc mon collègue et moi-même missionnés pour aller jeter un oeil à ce qui semble être un gîte de luxe pour âmes en errance. L’idée de mon chef est transparente comme une vitre fraîchement nettoyée : des squatteurs, des retraités fortunés scandalisés, des pouvoirs publics défaillants, les ingrédients essentiels d’ un bon sujet polémique sont en théorie réunis. Je soupire. J’ai horreur de ce genre de sujet. Il n’y a pas de surprises. Le monde est toujours divisé entre les gentils et les méchants. La vie est rarement aussi simple et tranchée.

Nous arrivons sur place, sans conviction. Rien ne semble indiquer à première vue que le lieu est habité. C’est une belle maison des années 20, de grande stature, aux volets fermés. Les ronces et la végétation entourent les murs défraîchis de ce qui semble avoir été la propriété d’une famille aisée. Nous interrogeons des passants, mais aucun ne semble avoir prêté attention à ce qui se tramait derrière la porte d’entrée condamnée de cette maison abandonnée.  Il n’y a pas d’ordures, pas de signe de vie. Pas l’ombre d’un " punk à chien"  à l’horizon.

Nous aurions pu en rester là. Rentrer tranquillement au bureau. Après tout, nous n’avions pas matière à alimenter la polémique. Cependant,  poussés par un dernier sursaut de curiosité, nous décidons mon collègue et moi-même de contourner la maison et d’aller inspecter le jardin qui se trouve à l’arrière de cette grande bâtisse. Il n’y a pas de clôture, ce n’est pas bien compliqué. Nous découvrons alors cette verrière  d’un autre âge, ouverte à tous les vents et ce déconcertant petit escabeau , qui illustrent le début de ce post.

Il semblerait que la maison accueille bien finalement des invités surprises. Il n’y a toujours pas de bruit, aucun signe de vie, rien que cette fenêtre ouverte, qui vient titiller encore davantage notre curiosité. Nous aurions pu en rester là. Encore une fois. Mais cette fenêtre  semblait nous inviter à entrer.  Qui pouvait bien vivre dans cette maison ? C’était l’occasion de le savoir enfin. Mon collègue entre le premier. Je l’attends à l’extérieur, le coeur fébrile, en me demandant si le comité d’accueil allait être assuré par une armée de toxicomanes ou par des militants du collectif " Droit au logement".

Je l’avoue, ce petit moment de suspens a pimenté une journée qui s’annonçait bien morne. J’attends donc toujours bien sagement dans le jardin pendant que mon collègue s’engouffre dans une pièce sombre . Sa voix enjouée me parvient soudain.  Je l’entends dire : " Bonjour Madame ! Ah, vous êtes toute nue "! J’éclate de rire, interloquée. N’y tenant plus, je me hisse sur l’escabeau branlant, convaincue, que mon collègue est en train de me faire une bonne blague.

Je pose un pied dans la véranda, je lève les yeux et j’aperçois mon collègue en grande conversation avec une jeune femme d’une vingtaine d’années. Elle est loin d’être nue. En vérité, elle se rhabille. Elle vient de se lever. Dans le coin de la pièce où elle semble avoir pris ses quartiers d’été, j’aperçois un canapé élimé, quelques livres de philosophie, éparpillés, un duvet rouge et des vêtements chiffonnés. C’est le petit coin de " Christine". Elle nous reçoit, un sourire aux lèvres. Nous lui expliquons rapidement, qui nous sommes, mais elle ne semble  pas s’en soucier. Elle a les yeux ensommeillés. Des miettes de cannabis traînent sur la planche en contreplaqué qui lui sert de table basse.  L’atmosphère est détendue mais pas du tout glauque. Je ne saurai sans doute jamais pourquoi " Christine ", ne s’est pas offusquée ce matin-là de notre présence impromptue. Elle nous explique qu’elle est étudiante. Elle est ici "en transition". Elle ne s’étend pas sur elle, nous raconte juste qu’elle vit ici la plupart du temps toute seule. " Venez, je vais vous faire visiter. Elle est extraordinaire cette maison", nous lâche-t-elle d’une voix traînante. C’est le genre d’invitation qui ne se refuse pas lorsqu’on a l’âme aventureuse. Et vous l’aurez compris, il y a en moi un capitaine téméraire, qui ce jour là n’avait aucunement l’intention de rentrer au port, sans avoir goûter les saveurs d’une terre inconnue.

A ce moment là, je ne suis plus journaliste. Plus tout à fait. Je suis redevenue une enfant, explorant le grenier d’une vieille tante éloignée. Il y a en moi une grande excitation. Je suis une exploratrice, une archéologue, découvrant un temple perdu au milieu d’une forêt épaisse. J’ai 10 ans, je sais bien que je n’ai pas le droit d’être là, mais je n’ai pas peur. Dans l’instant présent, j’ai un trésor à découvrir. Je sais qu’il n’attend que moi. Le temps s’est arrêté, paralysant par la même occasion mon mental  et mes appréhensions. L’adulte responsable est restée dans le jardin. Et je ne regrette pas du tout d’avoir laissé l’enfant en moi prendre les commandes de ce curieux périple. Si je ne l’avais pas fait, je n’aurai pas été en mesure de vous raconter cette histoire. Et elle est loin d’être finie.

Premier constat, la maison est en très bon état : pas de tags, pas de déchets, les squatteurs de passage semblent prendre grand soin de cette imposante maison. Ce qui me frappe, c’est que l’électricité fonctionne. L’armoire à fusibles est pourtant loin d’être aux normes. Les pièces sont immenses, les plafonds, vertigineux. Il y a une salle de bal, un escalier en colimaçon sculpté dans un bois précieux, qui craque délicatement sous nos pas prudents. Tout est vide et d’une propreté stupéfiante. Un squatt 4 étoiles. Une arche de Noé de luxe. J’ai le sentiment d’ausculter le ventre d’un paquebot. Cette  maison est décidément colossale.

Nous découvrons deux étages, mais ils sont inaccessibles. De gros cadenas nous arrêtent d’emblée à chaque pallier. Nous poursuivons notre chemin jusqu’à un grenier poussiéreux. Et c’est dans cette atmosphère étrange et paradoxalement  tout à fait chaleureuse que nous découvrons, sous les toits, deux chambres absolument saisissantes. Il y a des lits en fer forgé, des gants de femmes taillés dans une fine dentelle blanche, une coiffeuse encombrée de poudres d’un autre âge, des boîtes de chocolats élégamment enrubannées, une armoire débordante de livres de biologie et de philosophie. Le sol est jonché de papiers. Il y a des affiches collées au mur. Tous ces documents jaunis datent de 1948. Je suis téléportée dans un autre temps. Tout est resté comme figé, comme si quelqu’un était parti précipitamment, laissant derrière lui un chaos ordonné. Chaque objet stocké dans ces deux chambres s’imprime au creux de ma rétine. J’ai la drôle de sensation de chercher quelque chose. Cela n’a pourtant aucun sens !

Puis, soudain, mon regard est attiré par un petit bout de papier coloré, étalé bien en évidence sur le sol à quelques centimètres de moi. Je m’empresse de le ramasser. Ce n’est pas un simple papier. C’est une carte. Elle est extrêmement bien conservée.

Et voilà à quoi elle ressemble.

Fra Angelico ( 1395-1455)

Fra Angelico ( 1395-1455)

Je ne suis pas particulièrement adepte des icônes religieuses. D’ailleurs ,entre nous, je suis profondément laïque. Tout ce qui touche à la religion, n’a pour moi rien de spirituel. Je crois en l’Homme pas dans les dogmes hérités d’obscurs livres saints. Mais malgré cela, cette carte m’interpelle. Je la trouve jolie. Elle dégage beaucoup de douceur. Je la retourne et là mon coeur s’emballe.  Des mots griffonnés à l’encre bleue. Une écriture soignée.  Un message venu d’un autre temps. Je viens de trouver mon trésor. J’ai des étincelles dans les yeux.

Voici donc ce que je découvre au dos de cette carte :

" Je veux ! Qu’il a de force ce mot lancé tout court. Il aspire aux étoiles et les atteint toujours. Dans les difficultés de tes études, dans tes résolutions, n’oublie pas cette parole Julien. Si tu veux devenir un homme de caractère, mets-là en pratique. Sans volonté l’homme est une bête. Dans ta formation à la rude école de la vie, invoque la Vierge. Elle t’exaucera".

Jos. B. 25 décembre 1942

Sans réfléchir, j’ai alors glissé cette carte dans mon sac. L’heure tournait. Il fallait penser à partir. Nous avons rapidement salué Christine et nous sommes repartis. La visite était terminée. Nos aventures avaient beau avoir été trépidantes,  je savais bien que je n’allais rien en faire de " rentable". Il n’y avait pas d’histoire au sens où l’entendait mon rédacteur -en -chef. Pas de toxicomanes hargneux, pas même un voisin en colère.  Juste une jeune fille et un grenier débordant de trésors oubliés.

Le lendemain, j’apprenais que les lointains propriétaires de la maison avaient finalement réussi à faire venir la police pour sécuriser les lieux. La véranda a été murée. Christine n’a pas pu rentrée " chez elle ". Je ne l’ai jamais revue. Mon collègue et moi-même avons donc été les derniers à approcher les secrets de cette maison abandonnée. J’apprendrais plus tard qu’elle était délaissée depuis 7 ans. Les héritiers dont j’ai retrouvé vaguement la trace quelques semaines plus tard n’ont jamais fait mine de vouloir la vendre, au grand désarroi de tous les agents immobiliers de ce quartier huppé. Conflit de succession visiblement.

Etrange maison. Etrange découverte. Mystérieuse aventure. Qui pouvait bien être l’auteur de ce message oublié ? Pendant des jours, cette question n’a cessé de me hanter.

L’épilogue

Je ne suis pas en mesure de pouvoir le divulguer, mais la carte que j’ai glissé dans mon sac est loin d’être anonyme. Il y a un nom et le début d’un prénom. Je lis et relis cette carte. Et je m’interroge. Est-ce une femme ? Un homme ? Joseph ? Joséphine ? Josette ?  Pendant plusieurs jours, je n’ose pas aller plus loin. Puis je me lance. Sans réelles attentes, mais avec le besoin d’en savoir davantage. Avec une facilité déconcertante, je trouve un nom et un prénom qui correspondent à ceux de la carte. J’ai un numéro de téléphone, mais je n’ose pas appeler. Comment allais-je bien pouvoir expliquer que je me trouvais en possession d’une carte qui dormait dans un grenier depuis 70 ans alors que je n’étais pas sensée m’y trouver ? Le numéro est là, sur mon calepin. Je tente de l’ignorer. Un jour pourtant, sans réfléchir je prends mon téléphone et je compose le numéro. Un vieil homme décroche. Il a une voix claire mais néanmoins fatiguée. Je lui explique que je suis journaliste et que je travaille sur la seconde guerre mondiale. Je n’ai rien trouvé de mieux pour  l’aborder en douceur. Je trouve une astuce pour évoquer la carte, sans me confondre. Le monsieur est ravi de me parler de cette époque. Il a 94 ans. Il est bien l’auteur de cette carte. Et il me raconte. En 1942, il donne des cours de Français à l’un des jeunes garçons de cette famille de notable qui vit alors dans cette magnifique maison " Arts déco". Le fameux Julien du message était donc son élève. Il m’explique  ensuite qu’il a été enrôlé de force dans l’armée allemande en 1943, car il est alsacien. Il est envoyé sur le front russe, il vit des heures terribles, mais il s’en sort. A la fin de la guerre, il tente de renouer avec la famille de Julien, mais elle a déménagé. Il ne reverra jamais l’adolescent.

Longtemps, je me suis demandé si j’avais trouvé cette carte pour retrouver Julien, et permettre ainsi à Joseph de peut-être le revoir avant de mourir. Réflexe du mental.  Il fallait bien que je trouve une explication " rationnelle" à cette aventure. Le fait est que je n’ai jamais réussi, malgré mes efforts,  à retrouver les coordonnées du fameux Julien. C’était peut-être le signe que je devais m’arrêter là.

En revanche, ce que je sais, c’est que cette carte ne me quitte plus. Je la conserve comme une relique sacrée dans mon carnet de notes. Elle est devenue mon talisman. A chaque fois que je doute  ou que je suis tentée de baisser les bras face aux difficultés de la vie, je récite le texte qu’elle contient comme on récite un mantra. Il y a une musique dans ces mots là qui me donne des frissons à chaque fois. Et quelque chose en moi dit : ce message, était pour toi.

Le hasard m’a mis cette carte entre les mains. Une carte lumineuse rédigée au coeur d’un des moments les plus sombres de notre Histoire. Tout un symbole. Un magnifique symbole.

" Je veux ! Qu’il a de force ce mot lancé tout court. Il aspire aux étoiles et les atteint toujours"

Cette phrase est une lueur d’espoir qui nous incite à ne pas nous résigner, à avancer, à croire en la Vie, à la puissance du désir.

Peut-être que si ce message m’a été confié, c’est tout simplement pour que je conte son histoire aujourd’hui. Peut-être que ce message est arrivé jusqu’à moi  pour me rappeler, qu’il y a toujours quelqu’un qui veille sur nous, même dans les épisodes les plus sombres de notre vie.

Que retenir de cette aventure ? Rien de bien rationnel en tous cas. A vous d’écouter ce qu’elle murmure à votre coeur. Le mien me dit que cette histoire n’est sans doute pas arrivée par hasard. Depuis, je m’autorise à confier mes souhaits aux étoiles et vous savez quoi ? Elles me répondent toujours.

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Liens pour aller plus loin:

Qui était Fra Angelico ?

Quand l’épreuve nous fait grandir !

" Confronté à une épreuve, l’Homme ne dispose que de trois choix. Combattre. Ne rien faire. Fuir."

Henri Laborit, neurobiologiste français ( 1914-1995)

22plante

Désert de Jordanie

La vie est jalonnée d’épreuves. Qu’est -ce qu’une épreuve ? C’est un événement douloureux, une rupture, un moment  qui vient bouleverser un ordre établi et qui engendre de la souffrance.  Une perte d’emploi, le décès d’un proche, un échec amoureux figurent parmi les épreuves les plus courantes, mais il y a en a une qui vient ébranler nos fondations en profondeur, c’est l’épreuve de la maladie, car elle nous met face à la mort. Aujourd’hui, malgré les progrès de la science,  le cancer reste la première cause de mortalité en France. Le cancer est un mal étrange, dont les causes restent encore floues. Il naît à l’intérieur de l’être humain et entraîne la dégradation du corps physique. Des cellules devenues incontrôlables, prolifèrent silencieusement autour d’un vaste programme d’auto-destruction de l’organisme.

Ce véritable " mal du siècle", des sociétés occidentales est-il intimement lié à nos modes de vie ? Les causes de cette maladie sont-elles uniquement à chercher au sein de facteurs extérieurs comme la pollution ou l’hygiène de vie ? Quel sens donner à une telle épreuve ? Comment la surmonter ? Quelles sont les clés de la guérison ?

J’ai posé toutes ces questions à un homme passionnant qui propose des réponses tout à fait pertinentes.

Gustave-Nicolas Fischer, psychologue de la santé

Gustave-Nicolas Fischer, psychologue de la santé

Gustave-Nicolas Fischer est psychologue de la santé. Il vient de publier aux éditions Odile Jacob "Psychologie du cancer : Un autre regard sur la maladie et la guérison". Il partage son temps entre la France et le Québec. Gustave-Nicolas Fischer collabore depuis de nombreuses années avec la psychologue  Johanne De Montigny au sein d’une unité de soins palliatifs à Montréal. Il accompagne les malades en fin de vie et leurs proches en s’appuyant sur les apports de la psychologie positive.

Rencontre avec un pionnier de la psychologie de la santé !

- Bonjour Gustave-Nicolas Fischer. Pourquoi était-il nécessaire pour vous de proposer un " autre regard " sur le cancer ?

- Aujourd’hui,  il existe un clivage très important entre les soins purement médicaux que nécessitent le cancer  et l’accompagnement psychologique du malade. En France, le psychologue intervient  pour soutenir le malade de manière ponctuelle. Tous les cancérologues n’orientent pas systématiquement les patients vers un psychologue. Il n’y a pas de cohérence dans les démarches. Il n’y a pas d’approche spécifique liée aux problématiques psychologiques du cancer. La vision occidentale de la médecine  a tendance à séparer le corps de l’esprit, or à mes yeux,  on ne peut pas aborder ce bouleversement qu’est le cancer sans prendre en compte la patient dans sa globalité.  Pour moi, le corps est le seul lieu où tout se passe. Nos malheurs et nos bonheurs s’expriment à travers lui. Le corps constitue donc le lieu de référence de compréhension de la maladie. Le cancer est certes un bouleversement biologique. Des cellules deviennent folles, dégénèrent et deviennent des cellules tueuses, mais ce chaos biologique ne peut pas être dissocié de la crise existentielle qu’elle provoque chez le malade. Le cancer apparaît  comme une rupture brutale dans un parcours de vie. Elle met le patient face à la mort. Le chaos psychologique est donc indissociable de la catastrophe biologique.

- On connaît aujourd’hui les facteurs de risques du cancer ( la pollution, l’hygiène de vie ), mais cette maladie peut-elle avoir des causes psychologiques ?

- Il nous est impossible aujourd’hui d’affirmer que les chocs émotionnels sont en mesure ,à eux seuls, de provoquer un cancer. Malgré tout, de nombreuses recherches étudient l’impact du stress sur le développement de la maladie. Ces études existent depuis près de 30 ans aux Etats-Unis. En France on en parle peu, car la majorité des médecins ne croit pas à l’impact du psychisme sur le cancer. Ce qu’on peut dire c’est que sur  400 recherches scientifiques, menées sur près de 20 000 personnes, on a pu mettre en évidence quel type de stress constitue un facteur de risque. Ainsi, le stress chronique, c’est-à-dire le fait d’être soumis à des tensions intérieures sur une longue période, sans espoir d’amélioration peut être à l’origine d’un cancer. On a pu valider ces travaux grâce à la psycho-neuro-immunologie. Ce nouveau champ de la psychologie  remet en question les modèles existants de la psychologie et de la médecine sur le fonctionnement du corps humain. Jusqu’à présent on pensait que le système immunitaire était indépendant et autonome. Aujourd’hui, on sait que le système nerveux central et le système immunitaire communiquent entre eux via les neurotransmetteurs et les cytokines. Ce sont des vecteurs qui font circuler les informations entre les états émotionnels et l’organisme. Il a été confirmé que le stress crée un état d’affaiblissement des défenses immunitaires.

-Comment les malades peuvent-ils surmonter une telle épreuve ? 

-Une épreuve est d’abord un énorme défi. Lorsqu’on est confronté à l’épreuve on n’est par définition pas préparé à la vivre. On se retrouve donc face à une réalité qui implique une autre façon de vivre et de penser, mais pour pouvoir intégrer cette nouvelle façon de vivre , il va falloir agir sur soi-même. Le cancer est une maladie mortelle. L’ombre de la mort engendre un impératif de vivre qui  pousse le malade à transformer son rapport à la vie et à lui-même. Vivre ne signifie plus la même chose que pour les bien -portants. De nombreux malades ont tendance à s’enfermer dans les questions. Ils se disent : " Pourquoi moi ? ". Malheureusement cela ne sert à rien. Ces questions ne font que consolider nos propres défenses face à la réalité. Le plus important est donc de ne pas résister à la situation. Ma priorité est donc d’aider les malades à accepter la réalité de l’épreuve dans laquelle ils se trouvent. Accepter c’est la première forme d’adaptation et de transformation de soi-même. Ensuite, il est important ne pas rester passif, en puisant en soi des forces. Nous mobilisons nos ressources intérieures à la minute même où nous décidons de nous battre et de continuer à vivre.

-Quels sont les effets de cet état d’esprit sur le corps ?

- Des chercheurs américains ont étudié deux groupes de femmes souffrants de cancer du sein. Certaines réagissaient par le déni, d’autres par l’impuissance, d’autres ont montré un esprit combatif, le " fighting spirit". Après un an, il est apparu que les femmes à l’esprit combatif avaient un état de satisfaction plus élevé que les autres. Après 5 ans, on a également constaté que ces femmes avaient un taux de survie plus significatif que les autres. Il faut noter aussi que le fait de se battre, induit une transformation de ses valeurs et de son rapport à la vie. L’épreuve devient alors la clé de la transformation intérieure.

- Mais comment rester positif quand l’ombre de la mort plane  ?

-Développer une vision optimiste par rapport à ce qui nous arrive n’est pas évident, c’est vrai. Etre optimiste, ce n’est pas dire que tout va bien, quand tout va mal. Etre optimiste, c’est se dire que la vie vaut la peine d’être vécue. L’optimisme ne relève pas de la croyance, c’est une force psychique. Elle doit cependant se concrétiser par des actes pour être efficace. Le cancer est un combat à la vie, à la mort.

- Malheureusement,  parfois c’est la mort qui gagne. Vous collaborez avec la psychologue qui s’occupe des malades en fin de vie au sein d’une unité de soins palliatifs à Montréal, au Québec. Que se passe-t-il au sein de cette unité ?

- Dans cette unité les malades restent en moyenne entre 8 et 15 jours. Quand ils arrivent, ils ne sont plus considérés comme des malades, mais comme des êtres humains qui terminent leur vie. Bien sûr on va s’évertuer à alléger la souffrance physique, pour aider les personnes à mourir dans la dignité. Mais mon rôle de psychologue relève avant tout de la présence plus que de la thérapie. L’objectif est d’être dans une ouverture qui permette au malade de se confier. Il livre ses secrets, les projets qu’il n’a pas pu réaliser. Donner des soins est une chose. Donner son coeur et sa présence en est une autre. L’unité de soins palliatifs est un endroit où l’on peut apprendre cela.

- Vous assistez donc au cheminement intérieur des malades confrontés à la mort ? 

- Cette maladie peut devenir un cheminement dans la mesure où l’on apprend à laisser des choses derrière soi. En Occident, nous avons terriblement peur de la mort. La mort n’est pas intégrée à la vie. Le cancer nous rappelle pourtant que nous sommes des êtres mortels. Nous naissons et nous mourrons. C’est un processus inévitable, qu’il faut intégrer pour vivre. Il faut apprendre à mourir tout au long de la vie. Je donne un cours à l’Université de Montréal sur la maladie grave et l’expérience du mourir. C’est une expérience qui est d’abord psychologique. Elle nous apprend à abandonner,  à renoncer, à lâcher ce qui n’a pas d’importance. Dans l’unité de soins palliatifs de Montréal, la psychologue avec laquelle je collabore m’a rapporté un jour sa conversation avec un malade. Elle lui avait demandé : "Que reste-t-il encore à l’intérieur de vous aujourd’hui ?". L’homme a répondu : " Rien". Ma collègue a alors vu un dessin d’enfant au dessus de son lit. Elle l’a interrogé sur ce dessin. Elle lui a demandé ce qu’il signifiait pour lui. L’homme s’est mis à parler de cet enfant.  Ma collègue lui a dit alors : "Vous voyez ce n’est pas vide en vous. Quelqu’un qui vous aime a apporté ce dessin. Portez -le en vous." Il a alors pris conscience qu’il pouvait encore donner quelque chose. On peut alors réinscrire le mourant dans un abandon, qui est le don de lui-même. Mourir, ce n’est pas perdre la vie, c’est être capable de donner sa vie. Le problème de nos sociétés, c’est que nous avons construit nos vies sur une conception matérialiste de l’existence. Cela engendre de la peur et un réflexe de protection.  Le cancer, les maladies graves et les épreuves en général ont ceci de positif qu’elles nous réveillent à la réalité de la vie. Elles nous ouvrent à la vie.

- Mais est-on obligé de passer par l’épreuve pour découvrir l’importance de la vie ?

- L’épreuve est un transformateur très puissant. Mais nous pouvons commencer dès aujourd’hui à nous débarrasser de tout ce qui nous encombre, en conscience. La plupart des gens construisent leurs vies sur des valeurs fausses. Nous sommes dans une période de transition collective. Les bouleversements économiques et sociétaux engendrent des réactions de peur et un désir d’une plus grande sécurité matérielle. Je crois qu’il est nécessaire de se libérer de ces peurs pour avancer. Il est important pour cela de s’appuyer sur sa vie intérieure. Aujourd’hui elle est défaillante chez de nombreuses personnes. On se focalise sur l’extérieur quand tout se joue à l’intérieur de nous-même. Qu’y a t-il à l’intérieur de nous ? De l’amour, une capacité à être juste, à être vrai, à aider les autres. C’est cela qui fait la vie et c’est cela que nous cherchons à réaliser à l’extérieur. Construire son chemin de vie , c’est donc d’abord se construire une vie intérieure.

Infos pour aller plus loin : 

-Un livre formidable sur la mort et la vie écrit par la psychologue québécoise  Johanne De Montigny : " Quand l’épreuve devient vie "

-Gustave-Nicolas Fischer animera une conférence ouverte au grand public intitulée " La psychologie positive et les épreuves de la vie ", le jeudi 21 novembre à 18 h 30 au Congrès francophone de psychologie positive qui se déroulera à l’Université de Metz.

-Larevolutioninterieure.com est partenaire de cet événement. J’aurai le plaisir d’animer une table ronde autour du thème suivant : "Psychologie positive ? Un phénomène de mode ?

©larevolutioninterieure.com

La révolution intérieure a un an !

parc avril 029

La révolution intérieure fête ce mois-ci sa première année d’existence. Cela méritait bien un point d’étape. Quand je suis allée à Montréal, j’ai rencontré un blogueur canadien, Franck Billaud. Le hasard a fait que nos blogs possèdent le même thème, donc ne soyez pas perturbés. Je partage avec vous le billet qu’il a écrit sur notre rencontre. Vous connaîtrez mieux mes aspirations et mes motivations. En tous cas cet article est un joli cadeau d’anniversaire. Et c’est une occasion pour moi de partager avec vous ma vision de la révolution intérieure.

Sandra C.

La révolution de Sandra C.

L’histoire d’un miracle !

" Cela peut être aussi cela l’existence ! Des miracles parfois, de l’or et des rires. Et de nouveau l’espoir quand on croit que tout autour de soi n’est que saccage et silence . "

Philippe Claudel, écrivain français

Photo : Julie T. Le retour du soleil

Photo : Julie T.
Le retour du soleil

Tout peut basculer en un instant. Il y a des moments dans l’existence où la fragilité de la vie s’impose à nous avec violence. Il y a quelques mois, j’apprenais qu’un de mes plus proches amis était victime, à l’autre bout du monde, d’un grave accident de moto. " Son état est critique. Il a heurté un mur. Son cerveau est touché". Quelques mots jetés dans un message virtuel. Et c’est un monde qui s’effondre. Un monde que l’on croyait stable et immuable disparaît dans un trou noir, en quelques secondes.

Il y a d’abord l’incrédulité, puis arrive le déni : " Non ce n’est pas possible, pas Mathieu, pas lui". Je pense à sa femme, à ses deux petits garçons, à son rire, à sa joie. Mathieu a toujours été un soleil, il ne gardait pas sa lumière pour lui, il éclairait tout et tout le monde, jamais avare de paroles sympathiques, toujours de bonne humeur, curieux, ouvert, volontaire, aventureux. Et je pense : "Non ! Pas lui ! Cela n’a pas de sens !" C’est un cri silencieux, une colère qui vient du ventre et qui se noie dans un sanglot.  C’est une tempête cinglante qui claque les joues et donne des hauts -le- coeur. C’est comme découvrir que vous êtes en pleine mer, et prendre conscience brutalement que vous ne savez pas nager. On se noie dans la peur. La mer n’est que le décor de cette funeste vérité.

Mais très vite, il y a ce sursaut, cette pensée qui balaie d’un coup toutes les autres : il est en vie. Son état est grave, mais Mathieu est en vie. Cela suffit à me laisser entrevoir la lumière d’un phare lointain. Je devine ses contours au loin, derrière les voiles d’un épais brouillard. C’est la lumière de l’espoir. Elle est faible, tant la tempête fait rage, mais elle est là, vacillante. Je m’y accroche comme on s’accroche aux étoiles pour tenir à distance sa peur du noir, sa peur du vide infini.

Mon ami, mon frère de coeur, pouvait nous laisser moi et les autres, au bord de la vie. Cette idée m’était si insupportable que chaque jour, j’ai consacré une énergie folle à l’espoir, envoyant des prières à tous les Dieux que les hommes ont créé.  J’étais en colère. Mes éclats de voix avaient pour but de les réveiller :" S’ils existent, qu’ils fassent quelque chose !"   Mais j’ai appris que prier en colère ne sert à rien. Les anges prennent peur et s’envolent au loin.

La situation est critique. A ce moment là, Mathieu est gravement touché au cerveau. Il est plongé dans un coma artificiel. Les opérations se succèdent. Elles se déroulent mal. Les jours passent et des hémorragies cérébrales viennent contrecarrer le travail d’orfèvre des chirurgiens. J’ai peur, peur que ces vagues écarlates finissent par noyer ses souvenirs, sa capacité à s’émouvoir et à se mouvoir. Les médecins  sont prudents, ils demandent à la famille de se préparer au pire. Je ne suis plus alors qu’un lac asséché. Il arrive un moment où dans le paroxysme de la douleur même les larmes se retirent, pour nous laisser entièrement nus face à notre souffrance. Pendant ces moments là, je parlais à Mathieu. Je l’imaginais flottant entre deux mondes. Il était sur une île perdue entre le ciel et la terre.  Et je me disais alors, il faut lui donner envie de rester, mais en réalité, je le suppliais de rester. Dans mon rêve, je lui parlais, mais il ne m’entendait pas.

Il ne me restait plus qu’à plonger dans les profondeurs de ma peine et ce que j’ai vu, c’est un grand vide. Le vide de sa possible absence. Ce trou béant, infâme, vorace se délectait de mes espoirs fébriles.

Le trou noir commençait à grandir dangereusement. L’espoir, la chaleur de l’espoir, se heurtait au vent glacé de la réalité. Les nouvelles n’étaient pas bonnes. Son corps lâchait et je devais l’accepter. Ce n’étais pas de la résignation. C’était de l’abandon.  Arrive un moment, où, se laisser emporter par les furieuses secousses du torrent devient la seule solution raisonnable. C’est sans doute cela lâcher-prise, accepter ces forces qui nous dépassent et s’en remettre à elles. La volonté ne fait pas tout. Toute l’énergie de ma volonté, je l’avais mise dans cette unique pensée : "Mathieu, je veux  que tu vives "! Et dans ce moment d’abandon, à la lisière de cette frontière fragile où la vie et la mort ne forment plus qu’un brouillard subtil, l’absurdité de ma requête m’est subitement apparue. C’est sans doute cela l’humilité. Sa vie ne dépendait pas de moi. Le choix lui revenait. Du fond de son rêve, il avait déjà choisi. Et je ne pouvais rien changer à cela.

Cette nuit là, le sommeil m’a engloutie par surprise. J’étais un navire échoué dévoré par la rouille au fond de l’océan. Au réveil, la mer s’était retirée et ma carcasse vide séchait au soleil, entourée d’une brise paisible. J’avais accepté. Au fond de moi, il y avait même un peu de sérénité. Quelques heures plus tard, un message m’indiquait que l’état de mon ami s’était amélioré, contre toute attente. A ce moment là, j’ai su que Mathieu avait choisi la vie.

Photo : Isabelle Debray

Photo : Isabelle Debray

Quatre mois se sont écoulés depuis cet accident tragique. Je m’apprête à entrer dans la chambre d’hôpital où Mathieu vient d’être rapatrié, en France. Je suis avec mon compagnon. Mathieu est notre frère de coeur à tous les deux. Nous nous effleurons la main et respirons en grimaçant une bouffée de cet air désinfecté qui emplit tout l’étage. Nous nous tenons devant cette porte, comme des pèlerins anxieux de découvrir la réalité du Mystère. Nous échangeons un dernier regard impatient, puis, nous entrons.

Mathieu dort, paisiblement. Nous nous approchons sans bruit. Il ouvre un oeil. L’autre repose sous un épais bandage. Nous nous jetons sur ses mains. Mathieu sourit, c’est un sourire éclatant. Il semble heureux de nous voir.  Je crois que je n’avais jamais vu le jour avant de voir ce sourire. " On est là". Ce sont les seuls mots qui s’échappent de nos lèvres tremblantes. Nos yeux ruisselants noient nos paroles avant même qu’elles ne prennent forme dans nos esprits essorés par l’émotion. Je ferme les yeux pour mieux savourer. Je me saoûle des mains de Mathieu. Elles sont aussi douces que les mains d’un nouveau-né. Et si chaudes. Elles me ramènent à la vie. Le miraculé c’est lui, mais en réalité, la mourante, c’était moi. Je perçois le battement de son coeur au creux de son poignet. C’est un son délicieux, le battement d’un coeur. Un son qu’on ne devrait jamais oublier. Nos trois mains enlacées, forment le centre d’un  soleil qui explose à la surface de la nuit. Dans cette chambre d’hôpital, pendant quelques secondes, l’éternité s’est installée au creux de nos doigts. Le pouvoir de tous les magiciens du monde n’est rien comparé à l’énergie de cette étreinte. L’amour, c’est cela. C’est cette force là.  Des mains qui se cherchent et se serrent. Nos âmes viennent de se retrouver au centre du chaos de l’univers. Nous célébrons ce big-bang silencieux.  L’ordre et le désordre ne font à présent plus qu’un.

Aujourd’hui, Mathieu se bat. Il va devoir réapprendre à parler, à marcher, à écrire, à vivre autrement. Son lobe préfrontal a été en partie amputé, mais pour les médecins, Mathieu reste un mystère. Son cerveau a compensé ce qu’il a perdu. Ses souvenirs sont intacts. Peu de personnes ont surmonté avec  tant d’aisance  de tels traumatismes physiques. Mathieu a trente ans. Deux enfants en bas-âge, une femme, une vie qui ne sera jamais plus la même. Mais il ne regarde pas en arrière.  Sa force intérieure est exceptionnelle. " Dans quelques mois, je serai sur pied, vous verrez", nous glisse-t-il, dans un murmure fatigué. Il en est capable. Capable de reprendre sa route, en collaborant avec ce corps cabossé et cet oeil aveugle pour continuer à s’émerveiller de la Vie et à profiter de ses cadeaux. Sur le plan matériel, il y aura un avant et un après, mais il est resté cet être lumineux que j’ai aimé dès le premier fou rire partagé.

L’amour. L’amour ne se voile pas toujours de désir. L’amour a tellement de couleurs, tellement de saveurs. L’amitié, c’est l’amour désintéressé de la chair, c’est la rencontre de deux mondes qui se lisent et se disent dans un regard, dans un éclat de rire. Nous choisissons peut-être les mêmes compagnons de route, vie après vie, pour ne jamais cesser d’explorer ensemble, ce mystère qu’est l’existence, pour ne jamais cesser de nous aimer, quelques soient les épreuves qui nous attendent.

Le miracle, c’est de prendre conscience que la seule chose qui mérite notre attention sur cette Terre c’est cette énergie fantastique qu’est l’Amour.

Ne retenons pas en nous cette énergie. Je sens qu’il faut l’offrir, la laisser couler en dehors de nous, baigner les êtres qui nous émerveillent de nos caresses et de nos attentions. Tout est si fragile. Nous sommes tous des poussières d’étoiles, insignifiantes dans le vaste univers.  Mais ensemble nous formons des constellations qui guident les marins perdus en mer.

Quel sens donner à cette histoire ? Aujourd’hui je sais, que du chaos naissent les étoiles et que le miracle, c’est la vie elle-même.

Pour le découvrir, il m’a fallu vivre cette révolution intérieure. Rien ne meurt. Tout se transforme. Nous sommes tous des alchimistes.

PS : Merci à Julie T. d’avoir accepté d’illustrer cet article, son blog est à découvrir ici et merci également à ma fidèle Isabelle Debraye  !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin : Une vidéo étonnante sur les mystères du cerveau 

Et si on prenait soin de notre joie de vivre ?

 " Ce qui compte c’est la puissance de la joie qui éclate à la vitre de nos yeux. Une apparition, une seule et tout est sauvé".

Christian Bobin, écrivain français

Photo Florence Bonnet

Photo Florence Bonnet

Regardez ces enfants. Ils jouent. Ils s’amusent. Ils sont pleinement vivants. Cela n’aura peut-être duré qu’un instant, mais lorsque je contemple cette image, je plonge toute entière dans leur joie. Je m’y reflète et mon côté sombre s’y noie. J’aime me baigner dans cette joie transparente. Elle me lave et me nettoie. Je brille alors comme une poussière d’or. Le souci, c’est qu’il suffit d’une bourrasque pour mettre cette joie à terre. Un conflit, une frustration, un échec la piétinent en un instant.

Le baromètre de mes humeurs est aussi inconstant qu’un ciel breton. Des nuages passent entre deux éclaircies. Il pleut. Il fait beau.Il fait froid. Il fait chaud. En une seule journée, je peux vivre toutes les saisons. Un coup d’oeil sur les informations du jour et me voilà morose. Un changement imprévu et me voilà fébrile et angoissée. Une incertitude et me voilà anxieuse. Des changements climatiques si troublants que parfois ils dérèglent ma boussole intérieure.

Comment faire alors pour retrouver un peu de cette stabilité joyeuse qui m’habite pourtant la plupart du temps ? C’était ma question du moment. Et comme d’habitude la réponse est arrivée par le biais d’une rencontre.

 

 

Patricia Delahaie

Patricia Delahaie

 

Patricia Delahaie est l’auteur de " Comment garder le moral même par temps de crises". Ce livre nourri par de nombreux témoignages est un véritable travail d’investigation. Psychosociologue de formation, Patricia Delahaie a été journaliste avant de devenir conférencière et coach de vie . Elle est l’auteur de plusieurs best-sellers parmi lesquels " Ces amours qui nous font mal " et " Etre la fille de sa mère".

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Rencontre avec une femme qui a choisi le bonheur !

" J’ai écrit ce livre, parce que je voulais comprendre pourquoi à difficultés de vie égales, certaines personnes arrivaient à garder le moral et d’autres non ", m’explique Patricia Delahaie. Nous avons tous été confrontés  un jour ou l’autre  au deuil, à une perte d’emploi, à une rupture amoureuse. Autant de tremblements de terre intérieurs qui nous secouent et nous laissent parfois en ruine. La tentation est grande alors de s’enfermer dans une souffrance asphyxiante. Pourtant, certains parmi nous arrivent à se reconstruire avec une force d’âme qui défie les lois de la gravité. Ils deviennent plus légers quand d’autres sont irrémédiablement attirés vers les abîmes. Qu’ont-ils de plus que les autres, ces êtres qui regardent toujours vers le haut ?"La première chose qui m’a interpellée, c’est que les personnes qui gardent le moral, ont toujours leur bonheur dans le viseur. Elles pensent toujours à être les plus heureuses possibles quelque soit  leur situation. Elles ne culpabilisent pas de se faire du bien. Au contraire, quand elles vont mal, elles inventent des stratégies pour aller mieux", détaille l’auteur.

Quand la déprime guette, il est souvent très facile de s’enrouler dans la confortable couverture de la victime en attendant que le monde ou les autres changent pour retrouver le sourire. Une attitude que refuse d’emblée les personnes positives. " La force des personnes qui ne se laissent pas abattre, c’est qu’elles sont réalistes. La vie est parfois difficile, elles le savent. Elles savent aussi que si elles ne prennent pas soin de leur bonne humeur, elle s’en ira. Il suffit d’un rien pour avoir le moral à zéro, alors elles se protègent", explique-t-elle. Elle poursuit : " Les personnes positives sont créatives. Elles se connaissent bien et ne s’attardent pas sur leurs traumatismes. Elles savent dire ce qu’elles ressentent avec précision et vont adapter le monde extérieur à leur monde intérieur. Si elles sont hypersensibles, elles vont éviter les films sombres et les discussions plombantes. Elles font très peu de choses par obligation. Elles assument le fait de vouloir aller bien ".

Garder le moral serait ainsi une posture à prendre. Une posture qui nous donnerait le droit de refuser tout ce qui mine notre bien-être intérieur. Une posture qui nous inviterait à ne pas ajouter du malheur au malheur surtout dans les situations de crise. Mais quand rien ne va comment garder le cap ?

" Notre humeur n’est pas linéaire. Nous devons l’accepter. Ne culpabilisons pas de parfois baisser les bras. On fait comme on peut", explique la conférencière. Pas question de céder non plus à une sorte de tyrannie du bonheur qui nous interdirait des passages à vide. Les émotions négatives existent. Il serait même sain de s’y abandonner. Mais pas trop longtemps. Un passage dans la machine à laver émotionnelle, peut certes nous essorer, nous nettoyer en profondeur, mais il faudrait savoir stopper le programme au bon moment, pour ensuite entamer un nouveau cycle : la recherche de solutions pour retrouver un peu de bien-être intérieur. Pour cela, à chacun ses stratégies. La créativité humaine est sans limites. " Ce que j’ai noté , c’est que quels que soient les problèmes que nous avons à affronter, le fait de porter notre attention sur les bienfaits qui existent déjà dans nos vies, permet de neutraliser la puissance des idées noires. On retrouve alors de l’énergie pour agir et surtout pour être créatif", conclut-elle.

La joie de vivre se cultive !

Et quand tout va bien ? Quand rien ne devrait venir nous perturber et que malgré tout, le spleen s’engouffre au coeur de notre monde intérieur comme  un courant d’air glacé ? C’est peut-être le signe qu’une fenêtre est restée ouverte trop longtemps. Selon Patricia Delahaie les baisses de moral seraient avant tout des messages à prendre en compte  : " Les chutes de moral sont des signaux d’alarmes, elles indiquent une sensibilité particulière à des pensées, des situations, des remarques. La fatigue, le changement, les doutes, l’éparpillement favorisent les baissent d’énergie", note-t-elle. C’est pour cette raison qu’il est si important de revenir à soi : "Les personnes qui gardent le moral se sont installées dans leur propre style. Elles savent ce qui fait leur bonheur et elles le recherchent à chaque moment de leur existence. Elles cultivent la joie de vivre en la nourrissant au quotidien. Quand elles sont tristes ou déprimées, elles s’arrêtent et se demandent ce qui ne va pas ", développe Patricia Delahaie.

Prendre soin de sa joie serait l’une des conditions d’un bonheur intérieur durable. Il serait également  primordial de connaître nos besoins et de faire le tri dans nos pensées, car notre mental est puissant.  80 000  pensées nous traversent ,parfois à notre insu, chaque jour. Faut-il toutes les retenir ? Dans son livre, Patricia Delahaie évoque le cas de Zinédine qui explique comment il essaie au quotidien de ne pas se laisser dominer par ses pensées. Maîtriser son monologue intérieur en n’accordant pas autant d’importance à la voix qui dénigre, qui râle, qui voit tout en noir demande une certaine discipline. C’est vrai. Mais c’est une manière de ne pas abdiquer, de continuer à avancer. Pour Patricia Delahaie, garder le moral signifierait donc avant tout " ne pas se décourager de vivre ". Qu’est-ce qui nous donne envie de vivre ? Voilà la question qui mériterait d’être posée plus souvent. Les réponses se cachent dans les profondeurs de notre âme, cet oasis où nous irons puiser nos forces lorsque nous traverserons des déserts.

Patricia Delahaie avoue que l’écriture de ce livre l’a transformée. Elle m’explique qu’aujourd’hui, elle se laisse beaucoup moins démoraliser. " Avant quand j’étais malheureuse, j’y croyais totalement. Maintenant au lieu de me dire que je suis malheureuse, je me dis que j’ai été contrariée par ceci ou cela. C’est très différent. Je me donne aussi beaucoup plus le droit d’éviter ce qui m’enfonce. C’est important de prendre soin de son moral. Si je ne prends pas soin de moi, qui va le faire ?"

Je retiens que prendre soin de soi est un devoir, un pacte que nous devons conclure avec nous-même au quotidien. Je retiens également que nos tempêtes intérieures ne sont que passagères, et que nous les traversons tous un jour où l’autre. Je retiens enfin qu’il est plus judicieux de regarder passer nos pensées avec le détachement d’un brin d’herbe. Nos pensées sont comme les nuages, elles ne font que courir dans le ciel. Où peuvent donc bien aller les nuages ? Ne finissent-ils pas par se dissoudre ?

C’est drôle le pouvoir des mots. Il me suffit d’écrire ces dernières lignes, et l’image d’un soleil jaune  comme une orange s’impose sous mes doigts et éclaire mon clavier. C’est sans doute le temps qu’il fera demain. Demain est un mot ensoleillé. Il est juteux de promesses. Mais il y a un autre mot plus fort encore. C’est "maintenant". Maintenant. Je peux lui mettre du bleu, du jaune, de la nuit ou du jour. Maintenant je peux en faire ce que je veux, car au fond l’artiste de ma vie, c’est toujours moi, ici et maintenant.

Et vous ? A quoi ressemble votre soleil ? Qu’est-ce qui vous fait du bien ? Qu’est -ce qui vous remonte le moral ?

N’hésitez pas à partager vos expériences sur le sujet !

NB : Merci à la photographe Florence Bonnet pour avoir collaboré à cet article ! Ses portraits d’enfants sont fabuleux ! Allez voir !

©larevolutioninterieure.com

Liens pour aller plus loin :

-Le blog de Patricia Delahaie

-Comment garder le moral, même par temps de crises  

6, 10 euros Le livre de poche 

Etre soi en toute liberté !

« Le but de l’évolution personnelle est d’être de plus en plus soi-même, dans n’importe quelle situation, au lieu de revêtir un rôle. 
En d’autres termes, le meilleur enseignant n’est pas celui qui joue le rôle d’un enseignant, mais celui qui est une personne authentique au sein de sa classe.
Le meilleur parent n’est pas celui qui joue le rôle du parent, mais celui qui est une personne authentique au sein de sa famille.
C’est en évoluant en tant que personne que l’on laisse tomber les rôles pour n’être plus que soi-même dans toutes les circonstances de la vie. »

Carl Rogers, psychologue américain ( 1902-1987)

Cette scène drôle et émouvante a été filmée à Sydney en Australie et publiée sur Youtube il y a quelques jours à peine. Je ne sais pas ce que j’aime le plus dans cette vidéo, l’incroyable liberté de cet homme qui danse son parapluie à la main, sans s’émouvoir du regard amusé des gens qui l’entourent ou alors l’abandon total de cette policière, qui l’espace d’un instant se moque de son statut et se laisse aller à cette danse avec ce vieil homme déjanté. Que c’est bon à regarder !

Combien de fois dans notre vie, nous cachons-nous derrières des masques imposés par la société ?  Nous jouons tellement de rôles, qu’à force nous finissons pas croire que nous sommes les personnages que nous jouons. Cette vidéo nous rappelle que nous ne sommes pas uniquement notre statut, notre fonction sociale. Il y a autre chose qui nous anime en profondeur, quelque chose qui fait danser cet homme et cette femme, en dépit du regard des autres.

Nous sommes avant tout des êtres sensibles, nous ressentons tant de choses que nous n’exprimons cependant pas, par peur d’être jugé ! Et pourtant,  il n’y a rien de plus beau que de laisser s’exprimer ce feu intérieur, cette petite graine de folie et d’originalité que nous portons tous en nous. L’énergie qui se dégage de cette vidéo a un réel effet. Elle est palpable, car on se sent revigoré par tant de liberté exprimée dans la magie d’un instant.

Ce couple de danseurs atypique nous rappelle à quel point l’abandon est libérateur, à quel point le partage est nourrissant, à quel point il est important de faire tomber certaines barrières, pour enfin se sentir libre d’être soi en toutes circonstances.

Qu’est-ce que la liberté ? Selon le dictionnaire, c’est " l’état de quelqu’un qui n’est pas soumis à un maître ". Qui est notre maître au quotidien ? Notre mental ou notre coeur ? La question mérite d’être posée.

 Lorsque nous nous interdisons d’exprimer en nous notre vérité, nous ne sommes pas libres. Nous nous dépossédons de notre pouvoir. Les préjugés, la peur du regard de l’autre, nos croyances, nous entravent. Si on enlève toutes ces limitations qui naissent uniquement dans notre esprit que reste-t-il ? A vous d’écouter la réponse qui résonne en vous.

Alors j’ai juste envie de dire ceci. Si un jour vous avez vraiment envie de faire quelque chose parce que vous brûlez de le faire. Faites-le.

Tout va bien. Vous n’êtes pas fou. Vous avez juste envie d’être vivant ! Et il n’y a pas de mal à vouloir se sentir vivant non ?

PS : J’ai demandé à un blogueur australien si cette femme policière pouvait avoir des problèmes avec ses supérieurs parce que elle avait dansé en tenue de service. Voici sa réponse :

"The policewoman will not get into trouble. In Australia we appreciate character in a person and like to not take life too seriously, so she will be just fine. I think that her police colleagues will have a good laugh about her regarding her dancing :)
Konstantine"

" La policière n’aura pas de problèmes. En Australie nous apprécions la personnalité d’un individu  et nous aimons les personnes  qui ne se prennent pas trop au sérieux, donc tout est ok ! Je pense que ses collègues ont bien ri en la regardant danser !"

©larevolutioninterieure.com

 

 

 

 

Faut-il encore croire en l’Amour ?

" L’amour est la découverte de notre propre beauté intérieure, révélée par l’être aimé. Que ressent-on quand on est amoureux ? Un immense bonheur, une plénitude. C’est la fusion avec son âme jumelle qui en est la cause. En la cherchant, c’est nous-même que nous cherchons".

Thierry Cohen, écrivain français

Photo : Isabelle Debraye

Photo : Isabelle Debraye

Il y a quelques semaines, j’ai revu une amie, Juliette. Elle était éclatante comme un soleil. Son visage était radieux. Quand je l’ai rencontré il y a près d’un an, elle avait pourtant bien du mal à percevoir la lumière dans le brouillard de ses incertitudes. A cette époque, Juliette venait à la fois de perdre son emploi et de mettre fin à une relation amoureuse toxique de neuf ans avec un homme manipulateur et narcissique. Mettre un terme à une histoire, même si elle vous détruit n’est pas une chose facile. Juliette a eu ce courage. Et malgré le doute, le désenchantement, la culpabilité, elle a continué à vivre et à avancer et a fini par regagner sa propre confiance. Pas à pas. Ce chemin a été parfois bancal, mais il a tenu ses promesses.

Après une année de chômage, Juliette a réussi à décrocher un nouvel emploi.  Et c’est là que la vie a décidé de lui faire un cadeau inattendu. C’est dans cette nouvelle entreprise que Juliette a retrouvé tout à fait par hasard, Henri. Le jeune homme n’est pas tout à fait un inconnu. Juliette l’avait croisé dans son premier job, dix ans auparavant. Le monde est petit. Et on dirait qu’il se resserre autour des êtres destinés à se rencontrer. A l’époque donc, Juliette et Henri n’étaient pas libres. Ils s’étaient aperçus sans se voir.

Alors est-ce vraiment le destin ou juste un incroyable concours de circonstances ? Le fait est que cette histoire qui n’a pas eu lieu il y a dix ans, est en train de s’écrire aujourd’hui. Juliette et Henri sont amoureux. Ils ne se quittent plus. Elle a des étoiles dans les yeux quand elle parle de son humour, de sa gentillesse, de son grand coeur. Il lui dit qu’il aime son rire, son visage, sa fantaisie. Il la rend belle. Elle le rend beau. Ils sont bien ensemble tout en restant très indépendants. Ils ne s’emballent pas, mais ils ont envie de vivre leur histoire sans se poser trop de questions. C’est fabuleux d’être le témoin de cet amour naissant. Rien que d’en parler, j’ai le sourire aux lèvres. Le bonheur des autres étant un virus contagieux,  j’ai décidé de le propager en racontant cette histoire à qui voulait bien l’entendre.

Julie, une collègue blogueuse y a prêté une oreille attentive. Julie a 24 ans, elle est étudiante en journalisme à Paris. Elle a créé le blog "Psychomademoiselle " en novembre dernier. Elle y partage avec humour ses réflexions autour  des relations Hommes-Femmes. Ne vous fiez pas à l’apparente légèreté de ses articles. Ils cachent une grande maturité et une belle capacité d’auto-analyse. Ce que j’aime chez Julie c’est justement le fait que malgré les échecs, les déceptions, les trahisons, elle croit en l’Amour. Elle ne se résigne pas. A sa manière, elle mène une révolution intérieure tout à fait inspirante. Alors j’ai décidé de vous parler d’elle !

Rencontre avec une amoureuse  de l’Amour !

 

Julie du blog Psychomademoiselle

Julie du blog Psychomademoiselle

Je me pose des questions sur le couple depuis l’adolescence", m’explique Julie.  Très tôt, elle a senti le fossé qui sépare les filles des garçons. Leurs mondes intérieurs sont aussi différents que le soleil et la lune."J’ai longtemps cherché des réponses dans des magazines. Sans succès. Alors, je me suis mise à écrire mes pensées et mes réflexions. Et peu à peu, j’en ai fait un blog. Ecrire ce que je ressens, tout en interrogeant mon entourage amical sur différents sujets, tout cela c’est un peu comme une thérapie. Cela m’aide à prendre du recul ", sourit-elle.

Julie cherche l’amour. L’amour avec un grand A . Elle sait que cela existe. Elle a grandi avec des parents amoureux: " Ils sont ensemble depuis trente ans, ils ont eu quatre enfants et ils sont toujours heureux ensemble. Du coup, c’est vrai que cela m’a aidé à croire que le bonheur à deux, c’est possible", poursuit-elle.

Julie habite à Paris. Deux millions d’habitants et des milliers de coeurs solitaires. Statistiquement, l’Amour pourrait surgir à n’importe quel coin de rue. Et pourtant il suffit de regarder le succès des sites de rencontres sur le net, pour comprendre qu’aujourd’hui l’amour est devenu un banal produit de consommation. Les moyens de communication n’ont jamais été aussi importants et pourtant faire des rencontres n’a jamais été aussi difficile, remarque Julie : " La plupart de mes amies font ce constat : c’est très difficile de nos jours de rencontrer quelqu’un. Les bars regorgent d’hommes à la recherche d’aventure d’un soir. Les sites internet, c’est glauque. Entre les pervers et les dépressifs, le prince charmant est difficile à identifier. Je crois que je ne suis pas née à la bonne époque. J’aurais adoré vivre du temps des bals de village. Cela aurait été tellement plus simple", sourit-elle.

En 2013, les guinguettes ont disparu et cupidon semble  tirer ses flèches n’importe comment.  " Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi les hommes préfèrent les garces. J’ai observé qu’ils n’aimaient pas forcément les filles gentilles. Si on est trop collantes, on les étouffe. Quand on les fuit, ils nous courent après", rigole Julie.

La jeune blogueuse aime passer des heures dans les rayons de développement personnel des librairies : "J’ai compris que pour trouver l’Amour, je devais travailler sur moi, pour me comprendre et savoir ce que j’attendais réellement d’une relation", explique-t-elle.

Les déceptions, les histoires insatisfaisantes, Julie ne s’apitoie pas dessus. " Ce sont les brouillons de la jeunesse.  A chaque échec, j’en tire une leçon. Et à force je sais de plus en plus quel genre d’homme, j’ai envie de rencontrer et ce que j’attends d’une relation. J’ai envie d’apprendre à aimer mieux et surtout à m’aimer. Je réfléchis beaucoup en ce moment sur l’attachement".

L’Amour, elle le voit généreux, intense, nourrissant : " A mes yeux, tu sais que tu es amoureuse lorsque, quand tu vois l’autre, ça te fait des papillons dans le ventre ". Quand elle pense à l’homme idéal, elle fait une pause et répond ceci : " Ce serait juste un homme qui m’aimerait comme je suis ". 

C’est drôle parce que c’est exactement ce que m’a dit mon amie Juliette, vous savez, celle qui est amoureuse, celle qui a des étoiles dans les yeux. Quand je lui ai demandé ce qui était différent avec Henri, par rapport à son ancien petit ami, elle a répondu ceci :" Avec lui, je peux être moi-même. Il m’aime comme je suis. Il ne cherche pas à me changer. Alors qu’avant, je n’étais jamais assez bien, je riais toujours trop fort, j’étais toujours trop grosse. Je me demande encore comment j’ai pu rester si longtemps avec mon ex. Pourquoi je me suis reniée à ce point." 

Toute relation amoureuse est une expérience. Mêmes les échecs nous apprennent quelque chose. C’est certain. Dans ce monde désenchanté, il me semble qu’il est important de comprendre que les blessures sont des opportunités. Elles nous aident à grandir et à devenir plus authentiques et surtout à sortir de nos schémas dysfonctionnels. L’amour s’apprend. Mais l’amour garde cependant toujours sa part de mystère.

Ce que je perçois, c’est qu’il est primordial de s’écouter, d’apprendre à se respecter, et de redonner à l’amour une définition qui a du sens. L’amour ce n’est pas la souffrance  du manque, c’est le bonheur et la plénitude qui naissent de la rencontre de deux énergies, de deux individualités qui sont prêtes à s’abandonner pour créer une force plus grande encore. J’ai le sentiment l’amour ce n’est pas tout donner, sans rien recevoir. C’est un équilibre, un partage, un don, un cadeau, la nourriture de l’âme, une force qui peut accomplir des miracles. L’amour peut redonner vie à des coeurs meurtris. Alors ils se remettent à battre. Et on les entend de loin. C’est comme un appel à célébrer la magie de la vie. Alors il faut y croire. L’univers s’occupe du reste.

Voilà mes réflexions. N’hésitez pas à les enrichir. Et vous qu’en pensez-vous ? Croyez-vous en l’Amour ? Que vous a appris la vie sur le sujet ? N’hésitez pas à partager vos réflexions et vos expériences !

Liens pour aller plus loin :

Un livre pour se libérer des histoires destructrices  : Ces amours qui nous font mal Patricia Delahaie

Le site de Patricia Delahaie psycho-sociologue et coach de vie 

La page Facebook de Psychomademoiselle !

Remerciement à la photographe Isabelle Debraye pour sa collaboration à cet article !

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