L’art d’être triste

" Quand on s’abandonne on ne souffre pas. Quand on s’abandonne, même à la tristesse, on ne souffre plus ".

Antoine de Saint-Exupéry

newyork-movie

Cinéma à New-York Edward Hopper ( 1939 )

Je cherchais une image pour illustrer  une émotion peu valorisée et pourtant bien utile : la tristesse. Et c’est celle-ci qui a retenu mon attention. D’abord parce que cette oeuvre d’Edward Hopper témoigne bien à mes yeux de ce vague à l’âme que nous pouvons tous ressentir à un moment ou à un autre. Vous savez, cette sorte de mélancolie insidieuse qui nous fait nous sentir bien seuls même et surtout peut-être au milieu des autres. 

Ce n’est pas très positif me direz-vous de parler de la tristesse. Impossible pourtant pour tout être humain, d’y échapper. C’est ainsi.  Pas de joie sans elle. Pas de lumière sans ombres.

Il m’arrive d’être triste, sans raison précise, d’ailleurs. Parfois je cherche des bonnes raisons à ma tristesse et à force de chercher c’est vrai que je finis par en trouver. En général, ça finit en rumination et me voilà prise à mon propre piège. Non, ce n’est pas une bonne idée d’aller chercher des causes rationnelles à nos moments de spleen. On ne fait alors que tourner en rond au creux d’un nuage noir qui s’épaissit dangereusement. La vraie question à mon sens est plutôt celle-ci : que faire de nos vagues à l’âme ?

J’ai plusieurs amies qui proposent des solutions d’une simplicité limpide : elles laissent couler leurs larmes. Et vraiment, je les admire pour cela, car personnellement j’ai bien du mal à pleurer sur commande. C’est vrai que cela ne se fait pas trop de pleurer comme ça, pour rien. Seulement voilà, si les êtres humains ont la faculté de pleurer, c’est qu’il y a une bonne raison à cela, non ? Toutes les larmes que l’on s’interdit de verser finissent par former un océan qui étouffe progressivement le coeur. Pleurer serait donc finalement aussi vital que respirer.

Ah qu’il serait bon d’ouvrir des bars à larmes, où l’on viendrait vider nos âmes de tous nos chagrins, en se mouchant dans des tissus délicats et où des bras chaleureux viendraient nous consoler sans un mot, avec bienveillance. Ce serait merveilleux, mais l’art d’être triste requiert quelque chose qu’aucun facteur extérieur ne peut apporter : la capacité à s’abandonner.

S’autoriser à être vulnérable, c’est se permettre d’être humain. C’est notre capacité à ressentir qui nous différencie des machines. J’ai vraiment envie de jeter à la poubelle toutes ces vieilles croyances héritées d’un autre âge qui associent la vulnérabilité à la faiblesse. Il n’y a rien de plus faux.  Accepter d’être vulnérable, c’est faire preuve de courage. C’est laisser tomber le masque, et dévoiler son humanité. Nous en faisons tous l’expérience à un moment donné. Les larmes nettoient le coeur. Une fois bien nettoyé, on découvre alors un nouvel espace  à l’intérieur de soi. Il suffit ensuite d’ouvrir  les fenêtres en grand et l’air peut circuler à nouveau. Et c’est là que le processus alchimique a lieu, au moment où on ouvre à nouveau les fenêtres à la vie. Elle nous attend toujours bien sagement et  nous observe avec compassion.  Une fois les fenêtres ouvertes, la vie s’infiltre alors doucement dans chacune de nos cellules. Le coeur respire à nouveau. Il n’a jamais cessé de battre après tout, il avait juste besoin qu’on lui fasse de la place.

Chérissons donc nos vagues à l’âme car ils nous poussent vers d’autres rives. Comme le dit si bien Romain Rolland : " La vie n’est pas triste, elle a des heures tristes".

Et vous ? Comment surfez-vous sur ces vagues ? Racontez-nous !

Sandra C.

About these ads

33 Commentaires (+ vous participez ?)

  1. flipperine
    fév 11, 2014 @ 16:56:47

    comme toi je n’arrive pas à pleurer et cela pourtant ferait du bien parfs les choses ne nous rongeraient pas l’intérieur

    Répondre

  2. mooonalila
    fév 11, 2014 @ 17:02:24

    Sans doute est-il important en effet de prendre des temps pour laisser s’écouler les larmes, retomber la pression. Cela en effraie plus d’un. Mais à force d’ignorer sa tristesse, on risque de tomber dans le désespoir…

    Répondre

  3. manh14
    fév 11, 2014 @ 17:36:13

    J’aime beaucoup votre réflexion sur la tristesse. J’apprécie encore plus l’acceptation des larmes et de la vulnérabilité…C’est à la fois lucide et courageux. Surtout, (excusez-moi, c’est dit sans sexisme), pour un homme: on dit aux garçons: "un homme ça pleure pas"…Ben tiens! C’est dedans ma bonne dame…Il ne reste plus qu’a l’en faire sortir, sous une forme ou sous une autre.
    J’aime beaucoup votre idée d’un "bar à larmes"…à voir…
    Bonne soirée.

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 11, 2014 @ 17:39:22

      merci de votre témoignage il est vrai qu’un homme qui pleure c’est encore moins "socialement accepté "…oui pleurer cela demande une forme de courage, le courage d’exprimer ses émotions…et c’est aussi ce qui est beau…dévoiler sa vulnérabilité c’est dévoiler son humanité…le bar à larmes….il faudra aussi des courageux pour les ouvrir… :) mais ce serait tellement chouette non ?

      Répondre

  4. Nicole Moreau
    fév 11, 2014 @ 18:48:12

    merci, j’apprécie beaucoup votre article, cette réflexion sur la tristesse et la vulnérabilité.
    j’ai toujours pensé, moi qui a la larme facile, que pleurer n’était pas un signe de faiblesse, mais plutôt le signe que je suis une humaine qui accepte sa condition d’humaine, tout simplement.
    accepter d’être triste, c’est, je crois, accepter que l’on cherche quelque chose de différent dans notre vie, quelque chose qui pourrait nous conduire ailleurs, ce qui peut, à l’occasion, faire peur, aussi bien à soi qu’aux autres.

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 11, 2014 @ 18:52:09

      merci à vous nicole d’apporter votre témoignage qui éclaire si bien cette réflexion…la force est une ressource qui comme un trésor inattendu apparaît quand on accepte le chemin de la vulnérabilité

      Répondre

  5. D. Florence
    fév 11, 2014 @ 19:35:55

    L’art d’être triste c’est joliment dit .. j’ai l’impression d’en connaître un rayon ! La tristesse pendant longtemps m’était étrangère, je n’était pas apte à entrer en relation avec. Etant enfant lors d’un immense chagrin lié au décès de mon grand père je me suis vue rabrouée et empêchée violemment de pleurer. Ce jour là un couvercle à été cadenassé sur mes larmes. Il a fallu un long chemin pour qu’elles fassent leur réapparition. Aujourd’hui elles débarquent sans prévenir … une mélodie, une émotion, un partage … elles ne viennent pas sur commande car elles sont magnifiquement imprévisibles. Christian Bobin dit qu’au fond du fond il n’y a aucune différence entre les larmes et le rire (dans l’émission des racines du ciel) Je veux bien y croire dans les deux cas ça me fait sentir vivante. Il se peut que le rire soit aussi imprévisible que les larmes, bien que je me sente aujourd’hui dans la capacité d’accueillir ma tristesse je dois bien admettre que je souhaiterais me connecter peut être plus souvent à la joie et me laisser surprendre par elle ! Merci Sandra .

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 11, 2014 @ 19:59:58

      Merci Florence de ce très beau message empli de sincérité . Et en même temps si lumineux . Parce que on y entrevoit le chemin parcouru depuis ce deuil qui n a pas pu être pleuré . Le rire et les larmes que c est beau cette proposition de bobin . Ne vous inquiétez pas le prochain sujet aura pour thème le rire . J ai découvert le yoga du rire et je vous en parlerai prochainement ! C est un merveilleux antidote à la tristesse :)

      Répondre

  6. zenblogueur
    fév 11, 2014 @ 20:57:12

    Bonsoir Sandra . Je suis une nouvelle fois admiratif de ton écriture qui reflète ta sincérité et chacun peut se reconnaitre à des moments de notre vie . De plus j’adore Edward Hopper que tu as choisi pour l’illustration . A moins d’être dénué de tout sentiment nous sommes tous attristés par des événements ou des situations ne serait-ce que par le flot des informations dramatiques déversées tout au long d’une journée et il faut du recul pour gérer ce flux négatif. Pour rejoindre l’excellent commentaire de Manh14 je confirme que les hommes ont parfois aussi des moments de spleen ( ex.laisser sa famille pour partir en déplacement le lundi) mais il faut laisser couler cet état pour accueillir de nouveaux moments de petits bonheurs qu’on apprécie d’autant plus et qui font qu’en fin de compte on se sent vivant et en harmonie avec les autres . Très bonne soirée .

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 12, 2014 @ 06:56:28

      bonjour zenblogueur il est bon d’entendre un homme aborder ses émotions avec justesse….merci pour ce beau partage…il est vrai aussi que notre société véhicule de l’énergie négative qui n’aide pas forcément au quotidien…j’aime l’image du laisser couler….évacuer …nettoyer….belle journée à toi

      Répondre

  7. berger elisabeth
    fév 12, 2014 @ 00:32:39

    Magnifique et si touchant billet, Sandra. Certes, tu nous as habitué à être toujours si optimiste, pleine de vie et de projets mais justement, montrer cette facette de toi m’émeut encore davantage.
    Le positivisme a du bon mais, humains que nous sommes, nous ne pouvons ignorer nos tristesses, nos nostalgies, nos « états d’âme ». Et si nous les réprimons, ils finissent par nous étouffer.
    Tant que cela ne finit pas en rumination ou pire, en victimisation, accueillir, accepter sa tristesse, la bercer, tel un enfant, me semble la seule solution, selon mon adage préféré : « le signe de la force véritable est d’accepter nos faiblesses ».
    Un être sans fragilités, en est-il encore un ? Ce sont les fêlés qui laissent passer la Lumière.
    Pleurer est vital, personnellement, je le fais souvent, je nomme cela ma « lacrymothérapie » qui me fait un bien fou. Faute de bars à larmes, je te propose mes bras et je fournirai aussi des tissus délicats.
    L’art de s’abandonner est vital et peut s’acquérir, surtout, que tu fais un gros travail sur toi…
    Tu le sais déjà, la fin de ton bel article le prouve, alors, ouvre grand les fenêtres…
    Merci pour ces belles émotions que tu as fait naître en moi… Tendresses

    Répondre

  8. Sandra C.
    fév 12, 2014 @ 06:51:35

    merci douce elisabeth pour tes mots et ta généreuse tendresse. Il est bon de pleurer en " coeur ", ou l’art d’être triste c’est l’art de l’abandon….fendre le masque ….heureux les coeurs sensibles :) ils vibrent et ils vivent a très vite belle âme :) la vie est un éternel passage du rire aux larmes…

    Répondre

  9. Polina
    fév 12, 2014 @ 13:53:02

    J’ai toujours aimé théâtraliser ma propre tristesse, histoire d’en garder un souvenir un brin artistique…et ne pas avoir souffert pour rien :).

    Répondre

  10. louise
    fév 12, 2014 @ 19:24:28

    Merci pour votre article qui tombe à pic qui tombe bien. Dieu que j’aimerais ca un bar à larmes, avec de beau mouchoirs et des bras et une épaule capables d’accueillir les larmes sans juger. J’ai justement bcp pleuré aujourd’hui, je suis émotive. Un rien me touche et avec les années c’est devenu pire encore.
    Moi, étant jeune je pleurais toute seule dans ma chambre car les émotions…peine ou colère n’était pas accepté. J’accepte plus mes larmes qu’avant j’ai pas le choix car je ne peux plus les retenir…avant je les retenais…Je ne crois pas que ce soit une faiblesse d’être vulnérable, de pleurer etc C’est le signe que je suis une personne humaine. qui a des faiblesses mais aussi des forces…Merci encore Sandra!!!

    Répondre

  11. elise9
    fév 12, 2014 @ 19:50:59

    Merci pour ce texte magnifique, comme toujours !
    Je pleurais tout le temps petite et avec le temps, j’avais appris à moins le faire, on m’en avait félicité : "tu as mûri Elise !"…!
    J’ai vécu des moments d’une souffrance indicible, alors que je pleurais moins.
    Aujourd’hui, les larmes coulent de nouveau, une pensée envers ma maman qui était si merveilleuse, un arc-en-ciel riche de sens, le contact avec le divin, une musique qui me touche, plus de souffrance, juste de belles émotions dont nous sommes dotés !
    Je partage également ton point de vue sur le démarrage de la prise de tête du pourquoi/comment qui transforme cette purification naturelle, cette belle énergie, en grande souffrance, je l’ai compris aujourd’hui.
    Et ce bar, avec les bras autour et la bienveillance, quelle belle image !

    Au plaisir de te lire à nouveau !
    Elise

    Répondre

  12. Olivier
    fév 13, 2014 @ 15:25:32

    Bonjour
    Pour rebondir sur ce que vous dites sur la vulnérabilité, je pense qu’accepter de montrer ses faiblesses est une force. Les personnes qui cachent leurs faiblesses derrière un masque le font par peur, ce sont des personnes faibles … qui cherchent à se montrer fortes. C’est en s’acceptant tel que l’on est, en ne luttant plus, en se montrant sans décor, et donc en montrant ses faiblesses sans crainte d’être jugé, qu’on est fort. Ça demande du courage …
    SIgné : le donneur de leçons qui a du chemin à faire mais qui avance à grands pas :) :) :)

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 13, 2014 @ 16:30:22

      ahah le donneur de leçon a surtout bien appris ses leçons on dirait. la vie nous enseigne de belles vérités sur nous-mêmes. ne perdons jamais l’opportunité d’apprendre et on apprend en faisant :) merci olivier pour ce témoignage

      Répondre

  13. zabou83
    fév 15, 2014 @ 19:21:58

    Merci pour cet article Sandra ! je suis dans une période très forte émotionnellement, et bien sûr je finis par fondre en larmes. Je ne peux faire autrement, il faut que ça sorte et je me sens mieux après. Si je ne le fais pas, je me crispe, je suis encore plus mal et je cherche le "pourquoi ?". J’avoue que j’ai longtemps pensé que j’étais faible, que les autres étaient tellement plus fort… D’ailleurs, je me méfie de ces personnes qui se disent fortes, je ne peux m’ouvrir à elles. En tout cas, J’essaie d’accepter ma sensibilité, elle est un atout je trouve. C’est dommage que dans ces périodes là, on ne puisse pas être juste prise dans les bras, sans conseils hâtifs, sans jugements…

    Je veux un "bar à larmes" !!! :-D

    Belle soirée Sandra et à bientôt

    Répondre

    • Sandra C.
      fév 16, 2014 @ 07:22:54

      merci à toi zabou pour ton témoignage. il est sain de libérer ses émotions. faire de la place pour autre chose de plus lumineux en nous. aucune tempête ne dure éternellement. bravo à toi. oui les bars à larmes auraient un franc succès. en attendant n’ayons pas peur de notre vulnérabilité. c’est en elle que réside nos forces . belle journée

      Répondre

  14. reikilorient
    fév 17, 2014 @ 18:57:50

    Accepter sa propre vulnérabilité, se sentir humain, et s’autoriser à pleurer. Et ce n’est pas être faible que de verser quelques larmes….. Oh que non

    Répondre

  15. Julie Soupir
    fév 20, 2014 @ 16:14:25

    L’art d’être triste. J’en ai passé plusieurs doctorats. Vous pouvez m’appeler professeur.

    Répondre

  16. NIDERCORN
    mar 16, 2014 @ 15:18:24

    Parfois "on fuit le bonheur, de peur qu’il ne se sauve"… les larmes ne naissent que plus tard. Il est illusoire de croire que , une fois la source tarie, les puits asséchés, le cœur s’en trouve pus léger. C’est faux. Les larmes deviennent alors intérieures. Elles ne se voient plus mais continuent de couler en nous…. Alors pleurer ou ne pas pleurer?, … la peine demeure… les larmes ne sont que l’expression de la tristesse mais pas son remède….

    Répondre

    • Sandra C.
      mar 16, 2014 @ 20:30:18

      il y a des souffrances qui ne se lavent qu’avec de l’amour. l’amour qu’on s’autorise à recevoir….en s’acceptant tels que nous sommes avec nos failles et nos erreurs, nos imperfections et tout au creux de nous,cette étincelle de vie qui fait de nous des êtres vivants…

      Répondre

  17. C Nedir
    mar 16, 2014 @ 21:10:19

    …. peut – être….

    Alors seulement, oui, tu as raison, une petite étincelle transformera , peut-être l’eau en feu, les larmes en joie….

    Heureusement, le temps est structurant.

    Merci pour tes écrits…

    Répondre

  18. liveandthink
    mar 19, 2014 @ 20:56:28

    J’aurais tellement de choses à dire sur cette énorme thématique :) ! Et je partage profondément ton propos.
    Et sur la vulnérabilité, cela m’a fait penser à un extrait d’un film que j’ai regardé il y a peu :

    "L’essentiel, c’est qu’ils en viennent enfin à croire en eux-mêmes.
    Et deviennent impuissants comme des enfants, car la faiblesse est grande et la force n’est rien.
    À sa naissance l’homme est faible et malléable, quand il meurt il est dur de chair et dur de cœur.
    Le bois de l’arbre qui pousse est tendre et souple, quand il sèche et perd sa souplesse, l’arbre meurt.
    Cœur sec et force sont les compagnons de la mort.
    Malléabilité et faiblesse expriment la fraîcheur de l’existant.
    C’est pourquoi ce qui a durci ne peut vaincre."

    La vulnérabilité exprimerait la fraîcheur de l’existant !

    Merci encore :)

    Répondre

  19. ermite-athee
    mar 21, 2014 @ 23:53:06

    Bonsoir
    Toute existence a " sa part " de tristesse…sans elle il n’y a ni joie ni bonheur …C’est la vie qui veut çà …On dit parfois qu’un homme qui pleure , montre sa tristesse ,est faible ;mais c’est faux ! C’est tout le contraire :Dans notre société machiste pleurer pour un homme est "boof " alors que c’est un signe de force : Signe de vie tout simplement , signe qu’on est humain…
    F.

    Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 671 autres abonnés

%d bloggers like this: